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Marrakech célèbre la pluralité des cinémas africains et la génération qui va les faire évoluer

Il faisait encore doux ce vendredi 5 décembre à Marrakech quand une cinquantaine de jeunes producteurs venus de 17 pays d’Afrique se sont retrouvés pour célébrer la fin d’une aventure pas comme les autres. Pas de tapis rouge, pas de flashs hystériques comme à deux rues de là où vibrait le Festival International du Film. Ici, l’ambiance était plus simple, plus posée, presque intime — mais chargée d’une énergie qui disait clairement : quelque chose est en train de se passer dans le cinéma africain.

Beurn Out était là, au cœur de cette après-midi qui marquait la fin de la première formation panafricaine en production cinématographique menée par l’ESAV, l’OIF et CANAL+ UNIVERSITY. Une formation longue, exigeante, très ancrée dans la pratique, et dont cette cérémonie marquait l’aboutissement.

Une génération qui se rencontre, et ça change tout

Ce qui frappait en entrant dans la salle, ce n’était pas le protocole mais le mélange de langues, d’enthousiasme et de projets en ébullition.
Certains venaient tout juste de sortir d’un atelier des Ateliers de l’Atlas, d’autres découvraient le Maroc pour la première fois. Tous avaient en commun quelque chose de rare : l’envie de faire bouger les lignes du cinéma sur le continent.

Au fil des échanges, on entendait parler de projets de séries, de documentaires tournés en zone rurale, de longs-métrages en quête de coproduction. On sentait aussi que beaucoup de liens avaient été créés ces derniers mois — des amitiés, certes, mais surtout des partenariats potentiels. Ce n’était pas une fin de formation : c’était une carte du futur cinéma africain qui était en train de se dessiner, pays après pays.

Une formation qui “révèle” plus qu’elle n’enseigne

L’un des points qui revenaient souvent dans les discussions entre participants, c’est que ce programme ne leur a pas seulement appris à produire.
Il leur a permis de se positionner comme producteurs, de comprendre concrètement ce que ça signifie : monter un budget, défendre un projet, négocier, gérer une équipe, anticiper les imprévus.

En clair : passer du rêve au métier.

Et dans un écosystème où la production reste souvent le maillon fragile, avancer avec un réseau solide et une vision claire change radicalement la donne.

Marrakech, un décor parfait pour un moment charnière

Même si l’événement n’était pas intégré au FIFM, la ville vibrait autour, et ce contexte ajoutait quelque chose de particulier à la cérémonie.
On croisait des étudiants qui jonglaient entre la projection d’un film, une rencontre d’industrie et cette remise de certificats ; des professionnels marocains venus soutenir la jeunesse ; des intervenants qui passaient saluer “leurs” cohortes.

Tout rappelait que le cinéma, à Marrakech, n’est pas qu’un festival : c’est un écosystème qui vit, respire et attire des talents du continent entier.

Les partenaires posent les bases du futur

Quand les représentants de l’ESAV, de l’OIF ou de CANAL+ UNIVERSITY prenaient la parole, l’idée n’était pas de faire un bilan, mais de parler de ce qui vient ensuite.
Plus de participants, plus de pays représentés, plus de temps sur le terrain : la formation va clairement monter en puissance en 2026.

Mais surtout, leur message était simple : le cinéma africain avance, et cette nouvelle génération est au centre du mouvement.

— Interview Beurn Out x Grace Loubassou —

Beurn Out : Hello Grace, pourrais-tu stp nous expliquer l’objectif de ce partenariat entre l’ESAV et Canal+ University ? 

Grace : Il s’agit d’amener des jeunes réalisateurs de l’Afrique Subsaharienne au Maroc pour qu’il puisse s’inspirer justement à l’ESAV de tous ces talents éminents qui ont des idées et la technicité pour produire des films. Donc c’est une formation de producteur où justement des personnes du Gabon, Congo, Cameroun, Sénégal sont venus travailler au Maroc et apprendre des producteurs Marocains et vont recevoir une attestation et un diplôme pour lancer leur carrière. 

Beurn Out : C’était quoi ton plus gros challenge ? 

Grace : Mon plus gros challenge c’était de trouver des opportunités professionnelles dans l’audiovisuel au Maroc pour des jeunes pousses des pays que j’ai cités. Il y énormément de boites de productions ici à Marrakech ou même à Casablanca et il fallait leur trouver une place pour mettre à profit ce qu’ils avaient appris à l’ESAV .Et honnêtement ce qui était le plus plaisant c’était de travailler avec le personnel de l’ESAV qui a été non seulement un merveilleux partenaire mais également un accompagnant de qualité pour ces personnes qui sont venues se former. 

Une après-midi qui ouvre le champ des possibles

Au moment de sortir, les discussions continuaient encore devant ce beau restaurant, comme si personne n’avait vraiment envie de clore la journée.
On parlait d’opportunités, de nouveaux tournages, de défis communs, de stratégies de financement, mais aussi simplement de cinéma — celui que l’on fait, et celui que l’on veut voir émerger en Afrique dans les prochaines années.

Cette première édition laisse une impression nette : la relève n’est pas seulement là. Elle est organisée, consciente, ambitieuse, et prête à construire un cinéma africain à son image.

MH

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