Avec Biyouna, la culture algérienne cessait d’être folklorisée : elle devenait vraie, charnelle, imparfaite, vivante.
Aujourd’hui mardi 25 novembre, Biyouna nous quitte mais son impact, lui, reste incrusté dans l’ADN culturel algérien. Elle a été plus qu’une actrice, plus qu’une chanteuse : elle a été une attitude, une liberté , une insolence digne
Biyouna a offert aux Algériens une chose rare : le droit d’être soi-même en public, sans se lisser, sans s’excuser. Elle a donné un visage à la femme populaire qui parle vrai, rit fort, et refuse la honte. Dans les foyers comme dans la rue, elle a brisé les carcans du “qu’en-dira-t-on”, elle a incarné l’audace.
Dans ses rôles de la télé algérienne aux écrans français elle a porté nos accents, nos expressions, nos subtilités émotionnelles. Elle a fait exister notre humour si particulier et notre douleur aussi, celle qui passe par le rire. Avec Biyouna, la culture algérienne cessait d’être folklorisée : elle devenait vraie, charnelle, imparfaite, vivante.
Et pour toutes celles qui ont grandi avec elle, c’était une permission :
être algérienne et artiste,
être féminine et frontale,
être drôle et respectée,
être populaire et légitime.
Biyouna n’a pas seulement joué des personnages :
elle a modelé l’imaginaire d’un pays.
Elle a rendu visible ce qui était jugé trop brut, trop spontané, trop algérois, trop féminin, donc trop essentiel.
Que son rire continue de résonner dans nos salons,
que ses silences continuent de nous parler,
et que sa liberté continue de nous inspirer.
Hassina Rached


