Tunnel World est un projet artistique dont l’objectif est de réunir les visions d’artistes d’horizons et d’influences différents, le temps d’une exposition. Une co-création de Mister Fifou, Ciesay et Otto Bell. Cette troisième édition de Tunnel World a eu lieu à l’Ellia Art Gallery à Paris, les 3, 4 et 5 octobre 2025.
Fifou est un directeur artistique et photographe majeur de la scène artistique française, notamment dans le rap français. Pour cette édition, Tunnel World a décidé de marquer les esprits, notamment grâce à son magnifique court-métrage “OG Finest”, mêlant sonorités, musique, vibrations et images en qualité HDR.
Réalisé par Fifou et Steven Norel, en partenariat avec Adidas, ce court-métrage met en avant des athlètes, des artistes, et surtout un jeune adolescent, autour duquel se tisse une belle anecdote : « Le petit qui joue dans le court-métrage n’était pas celui qu’on avait choisi initialement. L’autre jeune, prévu au départ, n’a pas pu participer car sa mère a refusé deux jours avant le tournage. On était en panique, et finalement on a trouvé celui qui joue dans le film totalement par hasard, 48 heures avant, dans la rue. On lui a proposé, et finalement il a super bien géré. »
Dans ce court-métrage de dix minutes, un jeune garçon incarne la jeunesse, l’ambition et la persévérance. On le voit s’entraîner, transpirer, enfiler son gant de fer comme une armure. Ces images, d’une intensité rare, rappellent les valeurs de motivation, de travail et de dépassement de soi qui traversent toute l’exposition.
La superposition des textures comme la sueur, le béton, le feu ou encore le vent plonge le spectateur dans une bulle d’attention unique, presque méditative.
Avec le projet OG Finest, la volonté d’allier image et son se traduit par des sensations fortes : des vibrations et des bruitages inhabituels qui nous plongent au cœur de ce film captivant. La musique y est très présente, avec notamment du saxophone, qui apporte un beau contraste, et un texte puissant de Mac Tyer sur la société et l’état du monde. La différence se joue aussi sur le plan qualitatif, avec une expérience sensorielle Dolby et une image HDR d’une grande précision.
Le noir et blanc et la couleur s’alternent parfaitement : le noir et blanc traduit la dureté du travail et la sueur, tandis que la couleur exprime la fierté, les textures et la vitalité.
Le côté armature en fer, la métallurgie, les bruits de la salle de sport et des haltères apportent un réalisme précis et immersif. Une qualité rare, bien au-dessus de ce qu’on a l’habitude de voir dans une exposition et c’est précisément ce qui fait toute la réussite de Tunnel World 3.
L’exposition de portraits et de photographies marquait aussi une grande diversité de générations et de styles : on y retrouvait des artistes comme Beyoncé, Eminem, Tupac, JoeyStarr, Snoop Dog ou encore Dinos et SCH. On retrouve aussi des photographies de rue, des enfants en train de jouer, ou encore des athlètes comme Zidane.
Cet ensemble crée un dialogue entre époques et univers, comme si chaque portrait racontait une partie d’une histoire commune. Des décors accompagnant les photographies, des photos en noir et blanc, des covers d’albums, jusqu’à la présence d’une voiture de sport exposée au milieu de la galerie : tout contribue à cette impression de diversité et de richesse visuelle.
Cette pluralité d’images renforce l’idée que Tunnel World n’est pas seulement une exposition : c’est une rencontre vivante entre générations, cultures et émotions.
Matis Le Brocher


